On regarde des photos. Patrick en communiant, costume et culottes courtes, un brassard blanc avec un noeud, serre la main au prêtre, ma grand-mère le regarde en souriant - elle a un sourire qui ressemble à un éclat de rire, les yeux aussi. "Tu vois, me dit-elle, j'avais un très joli chapeau, il avait cette forme très simple, et il était dans un tissu argenté" - on ne vois pas qu'il est argenté parce que la photo est en noir et blanc.
"Longtemps j'ai eu un carton à chapeaux où je mettais tous les chapeaux que j'avais portés pour une occasion importante, tout ceux qui étaient liés à des événements dont je voulais me souvenir. Et puis dans un déménagement" - je ne me souviens plus si c'était celui du boulevard Joffre à Seignelay ou bien de Seignelay à la rue Jean Jaurès - "il a été perdu. Il y avait pour ainsi dire toute une vie dedans! Toute une vie de chapeaux".
Quelques jours plus tard je lis ceci, version plus sombre et plus aristocratique.
"Je souhaite que vous songiez quelquefois à moi. Tenez, dit-elle en jetant les yeux autour d'elle, voici le coffret où je mettais mes gants. Toutes les fois que j'en ai pris avant d'aller au bal ou au spectacle, je me sentais belle, parce que j'étais heureuse, et je n'y touchais que pour y laisser quelque pensée gracieuse: il y a beaucoup de moi là-dedans, il y a toute une madame de Beauséant qui n'est plus".
"Longtemps j'ai eu un carton à chapeaux où je mettais tous les chapeaux que j'avais portés pour une occasion importante, tout ceux qui étaient liés à des événements dont je voulais me souvenir. Et puis dans un déménagement" - je ne me souviens plus si c'était celui du boulevard Joffre à Seignelay ou bien de Seignelay à la rue Jean Jaurès - "il a été perdu. Il y avait pour ainsi dire toute une vie dedans! Toute une vie de chapeaux".
Quelques jours plus tard je lis ceci, version plus sombre et plus aristocratique.
"Je souhaite que vous songiez quelquefois à moi. Tenez, dit-elle en jetant les yeux autour d'elle, voici le coffret où je mettais mes gants. Toutes les fois que j'en ai pris avant d'aller au bal ou au spectacle, je me sentais belle, parce que j'étais heureuse, et je n'y touchais que pour y laisser quelque pensée gracieuse: il y a beaucoup de moi là-dedans, il y a toute une madame de Beauséant qui n'est plus".
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