Je n'ai revu cette fois que la fin du film, la première fois c'était il y a longtemps au cinéma à Cachan, avec ma mère ; on avait beaucoup pleuré toutes les deux en pensant à des gens probablement identiques ; des mois après elle avait évoqué cette scène : "je regarde les livres des bibliothèques et je repense à la fin des invasions barbares ; quand la fille regarde les livres à plat sur les rayonnages dans la maison, au lieu de voir leur tranche on voit leur couverture. Ces livres, ce sont les livres qu'on a lus aussi et qu'on a aimés, et qui sont une trace laissée derrière soi qu'on a été. Celui qui les lisait est mort et il reste ces livres-là". J'avais complètement oublié ces plans fixes de ces livres bizzarement de face, comme exposés, et pourtant ce ne sont pas des ex-votos, ni des monuments. Ils sont plutôt comme sortis par on ne sait quelle main abstraite de la rangée. Ils sont juste ce dans quoi s'est engouffré l'enthousiame et l'ardeur de ce qui est terminé. Ils restent là.
Il ne s'agit pas de romans, mais de livres de sciences humaines, des essais, des études. Ce sont des livres sur le réel et sur ce qu'on en comprend et en conteste ; ce sont des efforts de cartographie, des tentatives de prise différente sur le monde, de pénétrer les discours et la politique et l'histoire, jubilation d'une époque de pensée qu'on espérerait encore, jubilation de grands vivants.
Il ne s'agit pas de romans, mais de livres de sciences humaines, des essais, des études. Ce sont des livres sur le réel et sur ce qu'on en comprend et en conteste ; ce sont des efforts de cartographie, des tentatives de prise différente sur le monde, de pénétrer les discours et la politique et l'histoire, jubilation d'une époque de pensée qu'on espérerait encore, jubilation de grands vivants.
1 commentaires:
Intéressante, cette petit chronique urbaine...
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