A Daumesnil monte un type avec une guitare, grand, noir, entre deux âges, cheveux ras, il dit bonjour, et il commence à jouer ; il joue une seule chanson de Daumesnil à Nationale ; c'est en anglais, un anglais assez pur, et il y a deux accords - flickin flickin flickin flickin / flicki flicki flicki flicki : c'est du reggae, ça ne ressemble pas trop à du reggae mais c'est du reggae, flickin flickin. Il chante bien, mais sans effets dramatiques, pas particulièrement fort, d'un ton égal ; la mélodie se détache peu à peu des accords, elle vit sa vie un peu, elle plane, ça donne l'impression d'un avion en papier , puis on retombe dessus, flicki flicki. "I don't want to talk to you", dit la chanson, et elle dit d'autre choses que je n'entends pas, même si sur mon strapontin, j'ai le nez dans sa guitare. Il s'arrête, et toutes sortes de gens lui donnent de l'argent, beaucoup plus que d'habitude, ils lui sourient les gens et il les remercie d'un ton de parfaite égalité - ni inférieur ni supérieur, ni folklorique, d'une voix agréable et grave, parfaitement posée et sans accent. Bonne journée, il dit, et il s'en va.
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1 commentaires:
merci pour la rencontre - lui ai souri
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